Madagascar fait partie des pays les plus pauvres, le 5ième d’après le classement de Forbes et la ville de Tsihombe, dans l’extrême sud de Madagascar, est particulièrement défavorisée du point de vue des ressources et du climat. C’est une région souvent touchée par la sécheresse et l’insécurité alimentaire. Ainsi, en octobre 2020, le président s’est rendu dans les 4 localités les plus touchées par la famine, notamment dans la région de Tsihombé, alerté par la situation de « Kéré » (famine, disette en langue Antandroy) où oeuvrent les Sœurs Filles de la Charité de l’EKAR Saint Vincent de Paul. Le centre de Tsihombé que nous soutenons est en liaison avec celui de Tananarive géré aussi par les « Filles de la Charité ».

Pour info (6 octobre 2020) :    Sécheresse et famine : le sud de Madagascar dans une situation très critique

 

Depuis lors, Soeur Josiane a quitté Tshihombe. 

A présent elle vit et travaille dans l’une des zones les plus reculées et les plus pauvres de Madagascar : Mahavôky Nord, à 60 km au nord-ouest de Mananjary. Là-bas, les routes sont impraticables, les moyens de communication quasi inexistants, et l’électricité, un luxe rare. Pour envoyer un message sur WhatsApp, elle doit grimper en haut d’une colline ! Pourtant, c’est là qu’elle a choisi de consacrer sa vie aux enfants les plus démunis.

« Nous habitons la brousse, loin de tout. Pas de banque, pas de réseau téléphonique stable, pas même un bureau de poste. Mais il y a des enfants… tellement d’enfants, et ils ont besoin de nous »

 

À Mahavôky, les familles survivent de riziculture, de bananes ou de poivre. Mais pour beaucoup, cela ne suffit pas à nourrir leurs enfants, encore moins à les envoyer à l’école. Dans ce contexte d’extrême pauvreté, Sœur Josiane et sa petite communauté accueillent et soutiennent des dizaines d’enfants abandonnés, orphelins ou handicapés.

Voici quelques visages et destins qu’elle nous confie :

  • Lydie, 7 ans, revient tout juste de la capitale où elle a subi une lourde opération. Elle a réappris à marcher et reprend doucement goût à la vie.
  • Mbara, 8 ans, a été rejeté par son père après le décès de sa mère. Il trouve aujourd’hui, dans la maison de Mahavôky, un foyer et des repères.
  • Tsifana, à peine plus âgée, pleure encore la disparition de son petit frère.
  • Et Celia, 21 ans, continue courageusement ses études, malgré ses difficultés d’apprentissage et une situation familiale totalement éclatée.
 

La Maison regorge d’enfants à l’histoire douloureuse, mais aussi d’une incroyable force de vie. Ils rient, ils jouent, ils espèrent. Grâce à sœur Josiane, certains peuvent enfin aller à l’école, recevoir un soin médical, manger chaque jour, être reconnus comme des enfants à part entière.

Tout se fait avec peu. Un rien devient un miracle. Chaque année, il faut accompagner les démarches administratives (actes de naissance, dossiers scolaires), trouver les moyens de nourrir les enfants, de les inscrire à l’école, acheter un uniforme, payer les fournitures, parfois même la pension. Rien n’est simple, mais tout est vital.

 

Pour la Maison Tsihombé, rien n’est jamais acquis. Sœur Josiane cherche un lit, un repas, des soins, une école. Les démarches sont longues, compliquées : actes de naissance à faire établir, uniformes à acheter, inscriptions à payer… Tout coûte de l’énergie, du temps, de la ténacité.

Sœur Josiane ne demande pas pour elle. Elle demande pour eux. Pour ces enfants qui n’ont que son regard, sa parole, ses bras pour les protéger. Elle agit, jour après jour, pour que ces enfants vivent dignement. Elle n’a pas de grands moyens, seulement un engagement sans faille, une foi en l’humain, et la certitude que chaque enfant mérite sa chance.

 

Coût annuel de la cantine pour les enfants orphelins

Responsable locale

Sœur Josiane