A la maison 111 – Mahavôky, Sœur Josiane a pris sous aile bienveillante deux sœurs jumelles, Francia et Laurence.
À Madagascar, et plus précisément dans la région de Mananjary au Sud-Est de l’île chez l’ethnie des Antambahoaka (à une soixantaine de km de Mahavôky), la naissance de jumeaux est considérée comme un fady (un interdit ou un tabou ancestral) et une grave malédiction. La tradition impose aux parents d’abandonner ou de confier les bébés à des centres pour éviter le malheur ou la mort dans la famille car, selon la croyance, les jumeaux porteraient la poisse et s’opposeraient à l’ordre divin. Les parents qui choisissent de braver l’interdit subissent le rejet de la communauté. Un mauvais présage, donc, pour Francia et Laurence.
Dernières d’une fratrie de 8 enfants, leur père prend la fuite en raison du poids du fady. Il décèdera peu après. C’est donc seule que leur mère les élève, malgré le rejet de la communauté. Elle se remarie, se sépare … mais arrive à maintenir la scolarité de ses filles.
Malheureusement, alors que leur mère décède à son tour, les jumelles se retrouvent de nouveau confrontées au tabou et au rejet. Hébergées par une tante qui les maltraite et les considère comme des esclaves, elles prennent la fuite et se retrouvent « parquées » dans une case de 2 m sur 2 m livrées à elles-mêmes …
jusqu’en 2023 quand elles sont recueillies par une religieuse de la même congrégation que Sœur Josiane. Celle-ci les amène à la communauté pour qu’elles puissent manger à leur faim. L’année suivante, Sœur Josiane rejoint la communauté et se prend directement d’affection pour elles. Comme elles sont désireuses de retourner à l’école, Sœur Josiane les encourage et met tout en œuvre pour y parvenir. Elle les soutient d’autant plus qu’elle a perçu chez Laurence un don tout particulier pour le massage des femmes enceintes et l’aide à l’accouchement. « Le bébé sort facilement avec elle ; c’est pour cela que je la pousse à devenir sage-femme », raconte Sœur Josiane. Après l’obtention de leur certificat d’étude de base, le BEPC, elles pourraient entamer une formation paramédicale.
Bon courage à elles deux ! Et merci à Sœur Josiane pour son énergie et son dévouement sans limite. Bravo aussi au trio de parrain/marraines qui soutient financièrement les jumelles depuis février 2026 !


